Bienvenue sur les collections de données du projet Anches. « Du roseau à la musique. Redécouvrir le son des instruments baroques à anche double »

Le projet Anches, lancé en octobre 2025 par Peter Nahon au Centre de musique baroque de Versailles, avec le concours du CNRS, de l’ANR et de l’université de Tours, est un chantier multidisciplinaire visant à faire progresser la connaissance et la reconstitution des instruments à anche double anciens (hautbois, musette, basson notamment), à la croisée entre philologie musicale, organologie et ethnomusicologie. Pour en savoir plus sur le projet, cliquez ici.

Ce site a pour vocation d’accueillir et de partager en libre accès les données produites dans le cadre du projet. L’accès aux diverses collections de données se fait en cliquant sur les titres en haut à droite au-dessus de la photo.

La base de données des anches anciennes (lien)

La première grande tâche du projet est l’étude historique des anches baroques. Il s’agit de recenser systématiquement les anches anciennes de hautbois, musette et basson baroques conservées, les photographier, les mesurer et les analyser, puis mettre les résultats en ligne.

Les anches anciennes, malgré leur importance capitale et leur rareté, sont encore aujourd’hui des objets négligés et plus le temps passe, plus les rares spécimens anciens conservés sont susceptibles d’être dispersés, détériorés ou de disparaître. En 1977, le hautboïste et musicologue Bruce Haynes (1942-2011) avait jeté les bases d’un Register of early reeds et alerté sur l’urgence de conserver et répertorier les anches originales qu’il considérait déjà à l’époque comme une « espèce en voie de disparition ». Le Register de Haynes a hélas échoué, faute de moyens aisés de communication et de mise en commun des données. Au XXIe siècle, la situation patrimoniale n’a guère changé, et plusieurs anches baroques originales ont été perdues ou détruites durant la dernière décennie.

La base de données Anches vise à fournir en accès libre, pour toutes les anches anciennes d’instruments baroques connues, toutes les informations disponibles : photos, relevés avec cotes, analyses et données de provenance. La méthodologie de description s’inspire de celle codifiée pour les musées d’ethnographie (par Mauss, Griaule puis Georges Henri Rivière), suivant laquelle tout objet ou artefact est considéré comme important, catalogué, étiqueté, décrit, traité au même titre qu’un chef d’œuvre ou qu’un objet précieux, sans préjuger a priori de l’utilité ou de l’intérêt pour la recherche. En effet, il en va des anches comme de beaucoup d’artefacts populaires, dont on ne voit pas de prime abord la beauté ou l’importance. Il faudra donc même veiller à recenser les anches cassées, les fragments d’anches, et même les anches disparues pour lesquelles on dispose d’informations (mesures ou photos) recueillies avant leur perte.

L’inventaire des anches anciennes vise aussi à l’amélioration des conditions de conservation des anches, en aidant les acteurs de la conservation d’instruments patrimoniaux (musées et collectionneurs) à mieux prendre en compte ces objets essentiels mais négligés. La mise à disposition de ces mesures évitera aussi de risquer de les endommager en les remesurant par la suite.

La base de données Anches est le fruit de la collaboration entre Peter Nahon (CNRS) et Lola Soulier (CMBV), avec les contributions ponctuelles de chercheurs et de conservateurs dans le monde entier. Elle a été réalisée avec le concours informatique de Sarra Ferjani (ingénieur projet au CESR) et de François Rosmann (développeur web du CESR) et est hébergée sur les serveurs de l’Université de Tours, et enrichie au fur et à mesure du recueil des données.

Guide d’utilisation de la base de données à l’intention des lecteurs et des contributeurs

Guidelines for English-speaking users

La base de données AnchesTrad des anches d’instruments traditionnels français

Dans la lignée de la base de données des anches d’instruments baroques et classiques, l’équipe du projet Anches projette de mettre en ligne, suivant le même modèle, une base de données dédiée aux descriptions et photographies d’anches d’instruments dits traditionnels : bombarde et binioù bretons, hautbois du Languedoc, cabrette auvergnate, et autres instruments à anche double des différentes régions de France, pour lesquels il subsiste des anches antérieures aux mouvements de renaissance (revival) de la deuxième moitié du XXe siècle. L’équipe comptera notamment sur le concours des chercheurs Pierre Laurence pour les anches d’instruments languedociens et de Nolwenn Zaour pour les instruments bretons.

La base de données des outils anciens de facture d’anches

Le site inclura un inventaire de photographies et de mesures des rares outils anciens pour la facture des anches doubles conservées dans les collections publiques et privées : couteaux courbes, grattoirs, formes et calibres, berceaux, etc.

La bibliothèque numérique sur les anches

Une bibliothèque numérique, rassemblant en libre accès tous les documents anciens et sources textuelles sur les anches et leur facture, sera bientôt mise en ligne sur ce site et enrichie progressivement.

La base Airs pour la musette (lien)

Au début du XVIIIe siècle, de nombreux recueils d’airs arrangés pour la musette ont été publiés à Paris, notamment par Esprit-Philippe Chédeville, dit l’aîné (1696-1762). Ces recueils comportent des centaines de mélodies de nature variée : airs à danser, vaudevilles et chansons en vogue, fanfares, morceaux d’opéras, etc. Or, les recueils pour musette n’indiquent presque jamais l’origine de ces airs. Un dépouillement extensif de ces recueils, exécuté par Jérémie de Pierre lors d’un stage au CMBV sous la supervision de Peter Nahon en 2025, a permis d’identifier l’origine d’une part importante d’entre eux, éclairant d’un jour nouveau les sources auxquelles puisait le répertoire ordinaire du musettiste au XVIIIe siècle.

D’autres collections de données seront ajoutées au fur et à mesure de l’avancement du projet.

Pour prendre contact avec l’équipe du projet, veuillez écrire à l’adresse suivante :

Mentions légales

Le projet Anches est financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR-25-CE27-1885)